Légende urbaine : « Le compost ça pue ! »

Une légende urbaine, qu’est-ce que c’est ?

Une histoire qui se propage, qui se transmet, une contre-vérité farouchement établie par les on-dit, une conscience collective erronée, soutenue le plus souvent par un soupçon de vrai et un 99% de faux.

Des légendes urbaines autour du compost, il en certaines faciles à éluder, et d’autres qui ont la vie tenace, malgré les interventions des professionnels… Pourquoi perdurent-elles dans l’inconscient collectif ? Tout simplement parce qu’une majorité de gens n’a pas encore été convaincue du contraire, et parce que certains médias, hélas, se font souvent l’écho involontaire de telles erreurs. Mais de quoi parle-t-on ici ? On parle bien entendu des litanies récurrentes dues à l’ignorance le plus souvent :

Le compost sent mauvais, il attire les nuisibles, c’est acide, on peut y mettre de la terre ou des cendres, surtout pas d’agrumes !… Voici celles qui font le plus de tort à ce merveilleux outil de recyclage des déchets organiques. Heureusement, ce ne sont que des mots, et ces maux, s’ils existent dans certaines conditions précises, ne correspondent pas à l’état d’un compost bien mené, bien équilibré.

Derrière ces légendes, se cachent en fait des pratiques hasardeuses, souvent non reproductibles, selon une transmission visuelle ou orale d’un geste mal compris. Cependant, le compostage, comme beaucoup de techniques, reste totalement reproductible, et finalement assez facile à obtenir dans de bonnes conditions, pour peu qu’on les respecte, tout à fait dans l’esprit d’une recette de cuisine. Qu’on se le dise, apprendre à faire du bon compost, c’est beaucoup moins compliqué que d’apprendre à conduire une voiture ! Encore faut-il être bien renseigné.

Pour dissoudre le mystère des odeurs, je vous propose en quelques mots l’explication scientifique la plus simple : dans les déchets organiques qui fermentent, certains sont très riches en azote (ceux qui se mettent très vite à faire du jus et à sentir très mauvais) et ceux qui sont plutôt riches en carbone (ceux qui ne sentent pas, et qui sont secs, durs, comme les feuilles mortes et le broyat, la paille et compagnie). Les propriétés chimiques du carbone font qu’il est capable de fixer l’azote, et c’est tout simplement la présence conjointe de l’azote et du carbone qui fait que le premier est fixé par le second pendant la phase de décomposition.
Ce phénomène de liaison bloque la transformation de l’azote en nitrates et nitrites, responsables de très mauvaises odeurs.

Voilà donc comment un compost équilibré en ces deux principes chimiques ne sent pas, alors qu’un tas de déchets majoritairement azotés dégagera très rapidement des odeurs insupportables faisant mauvaise réputation… non pas du compost, mais de celui qui le fait !

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