Combien de praticiens possèdent-ils le bon thermomètre ? Peu, il faut bien l’avouer. Et il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Donc, pour sortir de cette ornière, et de cette méconaissance, il est nécessaire d’acquérir pour quelques euros un thermomètre à compost, de 40 cm de sonde, de manière à pouvoir inspecter tranquillement les différents horizons du compost.

Gérer son compost en étudiant les problèmes quand ils arrivent, c’est un peu comme rouler en regardant le rétroviseur. Ce n’est pas très efficace, on perd du temps et on risque de se confronter sans cesse aux inconvénients sans en avoir peut-être les avantages. Pour cela, la surveillance de la température (et de l’aération ainsi que de l’humidité) est un bon moyen de connaitre la vie de son compost sans tout remuer.

Une fois positionné en milieu de tas, et dès la constitution de ce tas, le thermomètre doit donner une température que l’on relève une fois par jour, pendant trois mois. Pourquoi 3 mois ? Parce que les phases thermophile (avec élévation de température) et mésophile (température aux alentours de 40°C) interviennent dans les 6 premières semaines, et que la troisième phase d’affinage débute également pendant ce laps de temps.

Dans la littérature, on indique souvent le fonctionnement en parlant d’une phase de chauffe, sans beaucoup de précisions.  Dans de plus rares cas, on parle de plusieurs phases de remontée de température, ce qui est déjà plus sérieux. Nous observerons ici le déroulement et l’apparition des phases pour un compost fait de déchets de cuisine, de tailles de haies vives et de toilettes sèches :

Une première phase thermophile au bout de quelques jours, une chute de température, un retournement, et une remontée en température. Idem, un deuxième retournement, une remontée plus lente vers 40°C, c’est la phase mésophile qui débute.

Ainsi, en surveillant la température, on peut savoir quand aérer et retourner pour déclencher une reprise de chaleur.